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Cultures

Ferme verticale et fruits : le potentiel et les vraies difficultés de la culture des fraises et des melons

La culture des fruits en ferme verticale est un sujet qui suscite à la fois des attentes et des malentendus. Certaines cultures, comme la fraise, commencent à montrer une vraie compatibilité. D’autres, comme le melon, présentent vite une structure de coûts lourde en culture indoor.

La question n’est pas seulement de savoir si ça pousse. Il faut aussi regarder le coût de la lumière, la durée de culture, la hauteur des plantes, le prix de vente, et dans quelle mesure le contrôle de l’environnement permet de créer de la valeur ajoutée. Les fruits constituent l’une des prochaines pistes pour la ferme verticale. Mais si vous vous trompez dans le choix des cultures, les coûts deviennent immédiatement un problème.

Dans cet article, je vais faire le point, à partir des fraises et des melons, sur ce que signifie la culture des fruits en ferme verticale, et sur ses limites.

Pourquoi les fruits attirent l’attention en ferme verticale

Ces dernières années, les cas de culture de fruits en ferme verticale se multiplient. Jusqu’ici, les légumes-feuilles étaient les vedettes de la ferme verticale. Dans les rayons des supermarchés japonais, les légumes issus de la ferme verticale se sont désormais bien installés. Sur cette base, l’intérêt pour la « prochaine culture » grandit, dans le secteur comme en dehors. Sur le terrain aussi, j’entends souvent cette question : « Est-ce qu’il n’y a rien d’autre que la laitue ? »

L’une des réponses qui retiennent aujourd’hui l’attention, ce sont les fruits.

Comparaison entre ferme verticale et culture en plein champ

ferme verticaleculture en plein champ
Coût initialÉlevéFaible
Coût d’exploitationPlutôt élevéFaible
Contrôle de l’environnementPossibleDifficile
Risque de maladies et de ravageursFaibleÉlevé
RendementStableInstable
QualitéÉlevéeDépend de l’environnement
Culture toute l’annéePossibleDifficile

En ferme verticale, les coûts initiaux et les coûts d’exploitation sont plus élevés. En contrepartie, le contrôle de l’environnement permet de stabiliser la qualité et de créer de la valeur ajoutée. Et comme le lieu d’implantation est moins contraignant, la production devient une option même dans des régions où la culture des fruits est normalement difficile. En combinant une offre stable toute l’année et une forte valeur ajoutée, on attend une bonne compatibilité avec les cultures à prix élevé.

Pourquoi la laitue reste dominante

En réalité, la grande majorité de la production en ferme verticale est encore constituée de laitue. Ce n’est pas parce que le contrôle de l’environnement est excellent qu’on peut, le transposer tel quel à la culture des fruits. La raison principale, c’est la structure de coûts.

J’explique le contexte plus en détail dans l’article ci-dessous.

Pourquoi la laitue représente de loin le plus gros volume de production en ferme verticale

Pour résumer l’essentiel, les coûts d’équipement et les contraintes de culture en ferme verticale limitent fortement les cultures qui peuvent être rentables. L’idéal, ce sont des cultures de faible hauteur, capables de pousser avec une lumière faible, vendues à un prix élevé et avec une rotation rapide. En particulier dans une ferme verticale en culture indoor, le coût électrique de l’éclairage pèse lourd. Les cultures qui demandent une lumière intense partent donc avec un désavantage de coût. Dans un système utilisant la lumière du soleil, cette contrainte sur le coût de la lumière n’existe pas. Mais les conditions de départ ne sont pas les mêmes qu’en culture indoor.

Quels fruits peuvent fonctionner en ferme verticale

Parmi les cultures qui remplissent globalement les conditions évoquées plus haut, c’est-à-dire une faible hauteur, une capacité à pousser sous une lumière faible, un prix élevé et une rotation rapide, la fraise attire particulièrement l’attention.

Aux États-Unis aussi, la recherche entre dans une phase sérieuse. Une équipe de recherche du centre-sud des États-Unis a lancé une étude pour évaluer le potentiel de la production de fraises en agriculture en environnement contrôlé (CEA) (2026). La vigueur de la demande soutient ces recherches, avec l’idée que « la fraise est le fruit le plus populaire aux États-Unis ». Les attentes autour d’un approvisionnement stable toute l’année en Amérique du Nord augmentent.

En revanche, des cultures comme le melon présentent des difficultés en culture indoor. La plante prend de la hauteur et demande une lumière forte, ce qui alourdit facilement les coûts d’électricité. Mais cela concerne la culture indoor. Dans un système utilisant la lumière du soleil, la situation change.

Fruits cultivables en serre hydroponique

Si l’on prend la ferme verticale au sens large, on y inclut aussi les systèmes utilisant la lumière du soleil. Dans ce cas, les fruits cultivables ne se limitent pas à la fraise. On peut envisager diverses cultures comme le melon, la tomate, la myrtille, le raisin ou la figue.

Créer une forte valeur ajoutée grâce au contrôle de l’environnement

La force de la ferme verticale, c’est qu’elle permet de contrôler plus facilement les paramètres de culture qui influencent la qualité, par exemple le taux de sucre ou les composés fonctionnels. En s’appuyant là-dessus, plusieurs directions attirent l’attention pour des cultures à forte valeur ajoutée.

La culture des fruits en ferme verticale apparaît désormais plus concrètement comme la phase suivante après les légumes-feuilles. Mais la structure de coûts et la rentabilité changent fortement selon la culture. Il faut donc d’abord évaluer correctement la combinaison entre le type d’installation, culture indoor ou utilisation de la lumière du soleil, et la culture choisie.

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