Bases et aperçu des fermes verticales
Sécurité et risques des fermes verticales : une vérification point par point depuis le terrain
Les légumes des fermes verticales traînent toujours avec eux une image d’« artificiel ». Beaucoup de gens ressentent instinctivement un malaise à l’idée qu’ils poussent dans un environnement séparé de la terre et du soleil.
Cela dit, la sécurité ne doit pas se juger à l’impression, mais au type de risque et à la manière dont il est géré. Si l’on sépare les sujets, comme les micro-organismes, les substances chimiques, les corps étrangers, l’étiquetage ou la impact environnemental, il devient plus facile d’évaluer la situation.
Dans cet article, je vais organiser, point par point, les inquiétudes que l’on peut avoir à propos des légumes produits en ferme verticale, puis vérifier si ce sont des risques réalistes ou des risques que l’on peut maîtriser par la gestion.
Si vous voulez d’abord confirmer comment fonctionne une ferme verticale, l’article ci-dessous vous sera aussi utile.
Explication complète du fonctionnement des fermes verticales : l’article qu’il vous faut lire
Des risques cachés dans les légumes produits en ferme verticale ?
Les légumes de ferme verticale donnent une impression un peu artificielle.
Est-ce vraiment sans danger ?
Cette impression d’artificialité, je la comprends très bien.
Il est tout à fait naturel que cette image d’« artificiel » vous fasse douter de leur sécurité.
Personnellement, je pense que l’image froide et mécanique portée par le mot « usine » amplifie ce type d’inquiétude. L’appellation « agriculture verticale (Vertical Farming) », plus courante à l’étranger, correspond peut-être mieux à la réalité. Mais au Japon, c’est le terme « ferme verticale » qui est généralement utilisé.
Mais même s’il y a cette image artificielle, les cultures réellement produites y présentent en pratique un niveau de sécurité élevé.
À partir d’ici, je vais prendre un par un les points qui suscitent souvent de l’inquiétude à propos des fermes verticales, et vérifier si cette inquiétude est réaliste ou non.
Les risques qu’on peut imaginer à propos des fermes verticales
Risques microbiologiques
- On dirait que les bactéries et les moisissures doivent proliférer partout dans l’usine…
- Grâce à une maîtrise sanitaire rigoureuse, au contrôle des entrées, à la purification de l’air par le CVC, ainsi qu’à un système de détection précoce et d’isolement, le risque peut être fortement réduit. L’environnement est même souvent plus propre qu’en culture en plein champ.
- On dirait qu’on risque une intoxication alimentaire ou d’avoir mal au ventre…
- Avec une maîtrise sanitaire conforme aux normes japonaises de sécurité alimentaire, des contrôles réguliers et une gestion appropriée de la température et de l’humidité, le risque de prolifération de bactéries responsables d’intoxications alimentaires est faible.
Risques chimiques
- La solution nutritive ressemble à un liquide mystérieux, ça n’a pas l’air bon pour le corps…
- La solution nutritive utilise des matières premières et des composants répondant aux normes de sécurité alimentaire, et sa formulation est elle aussi gérée de manière stricte. La possibilité qu’elle contienne des impuretés inconnues est faible.
- On dirait que des métaux bizarres pourraient sortir des engrais…
- Les engrais font aussi l’objet d’un contrôle qualité, et leur teneur en métaux lourds reste sous les seuils réglementaires. La qualité de l’eau est également gérée, ce qui limite le risque d’accumulation de métaux lourds.
- On dirait que les produits de désinfection pourraient rester sur les légumes…
- Parmi les désinfectants autorisés comme additifs alimentaires, on choisit ceux dont la rémanence est faible, et le lavage après usage est rigoureusement appliqué. Pour les sous-produits également, on adopte des méthodes de désinfection dont la sécurité a été vérifiée.
- On dirait que des substances chimiques étranges pourraient se dissoudre depuis les matériaux du bâtiment ou les équipements…
- On sélectionne des matériaux et des équipements sûrs, conformes à la loi japonaise sur l’hygiène alimentaire. Leur sécurité est vérifiée par des essais de migration et d’autres contrôles.
- On dirait que des substances chimiques inconnues pourraient se mélanger depuis quelque part…
- La propreté de l’environnement de travail est maintenue, et les mesures contre la contamination venant de l’extérieur, comme le contrôle des entrées, sont appliquées de manière stricte.
- On dirait qu’ils utilisent peut-être des pesticides en cachette…
- Le principe de base est une méthode de culture qui évite autant que possible l’usage de pesticides. À vrai dire, comme l’environnement est isolé du monde extérieur, cela n’aurait presque aucun sens d’en utiliser.
Risques physiques
- Si une machine de l’usine tombe en panne, on dirait que des pièces pourraient se mélanger aux légumes…
- Des inspections régulières des équipements sont réalisées, la durée de vie des pièces est gérée, et des mesures empêchent leur chute.
- On dirait que des personnes au travail pourraient apporter quelque chose d’étrange et le mélanger…
- La formation sanitaire du personnel, la restriction des objets introduits et les contrôles à l’entrée sont appliqués avec rigueur.
- Ils utilisent peut-être des radiations pour stériliser ? C’est un peu inquiétant…
- Dans les étapes de culture et d’expédition des fermes verticales, l’irradiation n’est en principe pas utilisée pour stériliser les cultures. On utilise généralement plutôt des UV ou une désinfection à l’alcool. Il est donc difficile d’imaginer un risque lié à l’irradiation.
Risques nutritionnels
- On dirait qu’il pourrait y avoir trop de certains nutriments, avec un mauvais équilibre…
- La conception de la solution nutritive permet d’ajuster les apports pour éviter qu’un nutriment spécifique ne soit excessif.
- On dirait qu’il doit y avoir moins de composants bénéfiques pour la santé…
- En contrôlant la source lumineuse et la solution nutritive, il est possible d’atteindre une valeur nutritionnelle égale ou supérieure à celle de la culture en plein champ.
- On dirait que des substances chimiques inconnues pourraient se former, et ça fait peur…
- La ferme verticale est un environnement fermé, mais les éléments de base nécessaires à la croissance des plantes, la lumière, l’eau, les nutriments et l’air, sont les mêmes qu’en culture en plein champ. Il est donc peu probable que des métabolites nocifs inconnus s’y forment de manière spécifique.
- On dirait qu’il pourrait y avoir peu de fibres, au point de provoquer de la constipation…?
- La quantité de fibres varie selon la variété, la méthode de culture et le stade de croissance. Le simple fait qu’il s’agisse d’une ferme verticale ne signifie pas un manque marqué de fibres. Cela peut être ajusté par le choix variétal et la gestion des cultures.
Risques inconnus et effets à long terme
- Comme c’est une méthode encore récente, on dirait qu’un mauvais effet pourrait apparaître plus tard…
- La culture en ferme verticale a encore une histoire assez courte, donc il faut poursuivre les recherches sur les effets sur la santé d’une consommation à long terme de cultures issues de ferme verticale. Cela dit, à ce jour, il n’existe pas de données scientifiques suggérant un risque particulier.
- On dirait qu’il pourrait y avoir des effets qui se transmettent aux générations suivantes, et c’est inquiétant…
- Les effets transgénérationnels ne sont pas un risque généralement redouté dans la consommation alimentaire, sauf cas particuliers comme la génotoxicité.
- On dirait qu’ils utilisent peut-être des OGM, et ça me met un peu mal à l’aise…
- Dans les fermes verticales ordinaires au Japon, on ne cultive pas de cultures génétiquement modifiées. Si elles étaient utilisées, l’étiquetage OGM est obligatoire au Japon, ce qui permet au consommateur de choisir. (La réglementation varie selon les pays.) Les allergies ou les effets sur l’écosystème sont des risques propres aux cultures génétiquement modifiées, pas des risques propres aux fermes verticales.
Risques liés aux équipements et à l’environnement
- On dirait que les lampes LED émettent des ondes, et que ça pourrait être mauvais pour la santé…
- Les ondes électromagnétiques émises par l’éclairage LED horticole sont extrêmement faibles. Les effets possibles de la lumière bleue sur la santé sont considérés comme comparables à ceux d’un usage habituel d’un éclairage LED général. Il existe aussi des LED pour la culture des plantes avec une quantité réduite de lumière bleue. L’impact sur la photosensibilité n’est pas non plus particulièrement plus élevé pour les légumes de ferme verticale.
- On dirait que le CVC pourrait souffler de l’air sale…
- Les équipements CVC sont entretenus régulièrement, avec remplacement des filtres et autres opérations de maintenance. Le risque d’émission de contaminants peut être réduit par une bonne gestion.
- Les eaux usées et les déchets ont l’air mauvais pour l’environnement, donc indirectement mauvais pour la santé…
- Les eaux usées des fermes verticales sont traitées sur la base des normes environnementales. Les exploitants de ferme verticale s’efforcent aussi de réduire la impact environnemental par le tri et le recyclage des déchets.
- On dirait qu’elles consomment énormément d’électricité, et que ça pourrait aggraver le réchauffement climatique…
- Les fermes verticales ont effectivement un aspect énergivore, mais elles travaillent aussi à réduire leur impact environnemental en introduisant des technologies sobres en énergie et en utilisant des énergies renouvelables. Le réchauffement climatique peut bien sûr entraîner des effets indirects sur la santé, mais ce n’est pas un risque sanitaire direct propre aux cultures produites en ferme verticale.
Autres risques
- On dirait que des allergènes pourraient s’y mélanger, et provoquer des allergies…
- Pour éviter l’introduction et la contamination croisée d’allergènes, il faut une gestion séparée des cultures, ainsi qu’un nettoyage et une désinfection rigoureux. Pour les produits soumis à une obligation d’étiquetage des allergènes, il faut appliquer strictement l’étiquetage prévu par la loi.
- Si l’étiquetage n’est pas correct, on dirait qu’on pourrait être trompé…
- Au Japon, un étiquetage approprié est obligatoire en vertu de la loi sur l’étiquetage alimentaire.
- Ce côté peu naturel pose quand même une question éthique, non…? Ça me gêne un peu…
- Les questions éthiques relèvent des valeurs et des points de vue de chacun, et sont différentes d’un dommage sanitaire scientifique. Les fermes verticales peuvent contribuer à la stabilité de l’approvisionnement alimentaire et à la réduction de la impact environnemental, donc leur dimension éthique doit être évaluée dans son ensemble.
- On dit qu’elles peuvent réduire les pertes alimentaires, mais si en réalité elles produisent beaucoup de déchets, est-ce que ça a vraiment un sens ?
- Les fermes verticales peuvent contribuer à réduire les pertes alimentaires grâce à une production planifiée, mais cela ne signifie pas que les pertes peuvent être ramenées à zéro. Les efforts de réduction des pertes aux étapes de production et de distribution restent essentiels.
Au final, les cultures de ferme verticale sont-elles sûres ?
Jusqu’ici, j’ai examiné une par une les risques que l’on peut imaginer pour les légumes produits en ferme verticale : micro-organismes, substances chimiques, contamination physique, nutrition, impact environnemental, étiquetage, et ainsi de suite.
Si j’ai choisi de couvrir le sujet largement, y compris des inquiétudes peu réalistes, c’est pour dissiper cet état d’esprit qui consiste à avoir peur simplement parce qu’on ne sait pas.
En lien avec cet article, j’ai aussi écrit des contenus comme ceux-ci.
J’aborde également, sous un autre angle, les « légumes cultivés en culture hydroponique ». Jetez-y un œil aussi.
Que devient un légume lorsqu’il pousse en culture hydroponique ? Explication claire des risques
Alors, au final, les cultures de ferme verticale sont-elles sûres ?
Je vais vous donner la conclusion.
Les cultures produites dans une ferme verticale correctement gérée présentent un niveau de sécurité suffisant, même en comparaison avec les méthodes de culture traditionnelles.
Bien sûr, aucun aliment n’est totalement exempt de risque. La ferme verticale ne fait pas exception, et puisque la gestion est assurée par des êtres humains, le risque zéro n’existe pas.
Mais les fermes verticales actuelles au Japon sont exploitées sur la base d’une élimination des contaminations extérieures grâce à un environnement fermé, d’une gestion normée couvrant la solution nutritive, les matériaux de construction et les désinfectants, ainsi que d’un système de contrôle qualité rigoureux fondé sur la loi sur l’hygiène alimentaire. À cet égard, elles présentent même des points supérieurs à la culture en plein champ ou aux installations agricoles ordinaires en matière de rigueur de gestion.
Dans l’ensemble, on peut dire que le niveau de gestion de la sécurité est très élevé.
Si l’on regarde la réalité de leur gestion sur le terrain, il n’y a pas lieu d’avoir des inquiétudes excessives.
Les cultures produites en ferme verticale peuvent être recommandées avec confiance comme l’une des options d’une alimentation sûre.